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Rentrée de l'Aïkido Club Courbevoie le 12 septembre 2017

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La pratique des armes

En plus des techniques à mains nues, l’aïkido comporte l’étude du maniement d’armes en bois : le sabre ou bokken, le bâton ou jō, le couteau ou tantō, et de façon plus anecdotique le juken (baïonnette), arme dans laquelle excellait le fondateur et qui lui avait valu d’en être formateur à l’armée.

Le fondateur a réuni dans le jō des techniques de lance, de sabre et de naginata (fauchard). La technique de sabre qu’il a développée est singulièrement différente du kenjutsu des koryu (écoles traditionnelles). C’est surtout à l’étude de cette dernière que le fondateur consacra son énergie en ce qui concerne les armes.

La place des armes dans l’aïkido est l’objet d’un vif débat. De fait, peu d’écoles en maîtrisent réellement la pratique et les techniques à mains nues occupent donc généralement l’immense majorité du temps d’étude.

En réalité, Morihei Ueshiba n’a jamais enseigné directement la pratique des armes, ni lors des stages qu’il donnait régulièrement, ni lors des cours qu’il dispensait à l’Hombu Dojo, le dojo central de l’aïkido à Tokyo. Toutefois, comme il les pratiquait presque chaque jour dans son dojo personnel devant un nombre restreint d’élèves, ceci explique leur relative méconnaissance. La transmission de cette pratique s’est faite essentiellement par les plus gradés de ses uchi deshi (étudiant admis à résider dans le dojo) : Hikitsuchi Michio, Sadateru Arikawa et Morihiro Saito. Ce dernier, après la mort du fondateur, a regroupé les techniques qu’il avait apprises et élaboré différents exercices pour permettre leur enseignement. Il existe ainsi dix kumijo (jo contre jo) et cinq Kumitachi (ken contre ken), tous sujets à de nombreuses variantes, plus ce que le fondateur nommait « son œuvre » : Ki Musubi No Tachi. Leur validité martiale est manifeste, Morihei Ueshiba ayant d’ailleurs étudié de nombreuses koryu. Ainsi, on note des ressemblances évidentes entre certaines techniques du sabre de l’aïkido et celles de la koryu Kashima Shinto Ryu (par exemple, entre « ichi no tachi » -aïkido- et le premier kata « ipommé » -Kashima Shinto Ryu-).

Dans la branche Iwama ryu (élèves de Morihiro Saito), la pratique des armes, bukiwaza (武器技), est mise sur le même plan que celle à mains nues (taijutsu). La pratique du bokken y est appelée aikiken et la pratique du jō aikijō. Maître Saito expliquait que pour le fondateur, l’aïkido était l’étude du bukiwaza et du taijutsu, et que ces deux éléments sont indissociables.

Par la répétition d’exercices (les ’suburis’ qui peuvent-être envisagés comme un ’alphabet’ de mouvements élémentaires), le pratiquant vise, entre autres, à réaliser l’unité du corps avec le ken ou le jo qui doivent ainsi véritablement devenir le prolongement de son corps. Par extension de ce principe, la sensation doit devenir la même avec un partenaire, qui doit être maîtrisé de la même façon et suivant les mêmes principes.

La pratique des armes permet également d’appréhender différentes distances face à un ou plusieurs adversaires (maai), de travailler une posture correcte (shisei) et de vaincre l’appréhension des armes. L’étude des armes est de plus indispensable à la compréhension d’un grand nombre de techniques à mains nues.

En effet, une grande quantité de mouvements est dérivée des techniques utilisées par les guerriers armés[19], ou de techniques utilisées pour désarmer l’adversaire. De plus, la visualisation d’un mouvement avec un sabre donne une conception plus claire du mouvement à effectuer à mains nues. Les techniques de sabre ont eu une grande importance dans l’élaboration de l’aïkido par Maître Ueshiba. Enfin, la koryu Daïto Ryu fut une source majeure pour le fondateur[20], et cette école comprend notamment un certain nombre de techniques à mains nues prévues pour les samouraïs ayant perdu ou cassé tout ou partie de leur sabre, en gestes facilement assimilables pour un sabreur. On peut aussi considérer que, fondamentalement, une technique d’Aïkido ne peut se réaliser efficacement que si « l’entrée », l’instant de mise en relation entre les deux protagonistes au moment de l’attaque, est réussie. C’est l’instant « aïki », fraction de seconde où l’harmonie est ou n’est pas, que le génie martial de Moriheï Ueshiba a su percevoir et développer. La pratique des armes permet de se focaliser principalement sur cet instant.

La pratique des armes est très diverse :

  • Jo (bâton) contre jo ;
  • Jo contre mains nues / mains nues contre jo, pratique appelée « jo nage » - lorsque l’adversaire saisit votre jo - ou « Jo dori » - lorsqu’il vous attaque avec un jo ;
  • Bokken (sabre) contre bokken, pratique appelée « ken tai ken » ;
  • Bokken contre mains nues / mains nues contre bokken, pratique appelée « tachi dori » ;
  • Bokken contre jo / sabre contre bâton, pratique appelée « ken tai jo » ;
  • Tanto (couteau) contre mains nues, pratique appelée « tanto dori » ;
  • Juken (baïonnette) contre mains nues, pratique appelée « juken dori » dont Moriheï Ueshiba fut longtemps instructeur pour les armées impériales ;
  • etc.

L’apprentissage peut comporter plusieurs types d’exercices :

  • Les suburis : Mouvements réalisés seul destinés à développer la maîtrise des armes et à apprendre différents coups et postures ;
  • Les awases : Applications avec partenaire des suburis destinées à travailler l’harmonisation ;
  • Kumijo/Kumitachi : « Séquence de combat » stéréotypée avec partenaire ;
  • Kata : Suite codifiée de coups et techniques pouvant s’exécuter seul ou à plusieurs ;
  • etc.

Une autre arme est pratiquée dans certaines écoles d’aïkido : Le bō (bâton long) ainsi que le bâton court ou tambō. La pratique du bâton bō permet d’abord la juste position des hanches et des pieds, qui est la même qu’à mains nues.

Aux États-Unis, certains dojos enseignent également des techniques de désarmement avec des pistolets en mousse ou en bois, tandis qu’en Afrique, certains dojos pratiquent des techniques de défense contre différents types de machettes.

Au niveau des passages de grade, le travail à mains nues contre le jō ou le tantō est généralement exigible à partir du premier kyū. Le travail au bokken, contre mains nues ou contre un autre bokken, est exigible à partir du troisième dan. Bien entendu, des différences existent là aussi d’une école à l’autre.